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Scénographie, 40 ans de création

Cet ouvrage, qui réunit une vingtaine de contributions, noue, par le texte et par l’image, analyse générale et approches singulières, prise de champ historique et regard immédiatement contemporain.

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  • Genre : Actes de colloque
  • Format : 22 x 24 cm
  • Pages : 208 pages


29,00 € TTC

Disponibilité : Ce livre n'est plus en stock

Guy-Claude François, Yannis Kokkos, Richard Peduzzi : ces trois noms à eux seuls pourraient servir de symbole pour rendre compte de ce volume. Voilà trois scénographes qui, à travers des compagnonnages notoires (Ariane Mnouchkine, Antoine Vitez, Patrice Chéreau) et bien au-delà, se sont imposés dans le paysage en tant qu’artistes au sens plein du mot au cours des 40 dernières années. Leur parcours est représentatif d’un mouvement profond, celui de la scénographie toute entière.
Voilà pourquoi il convient d’inter-roger ces 40 années de création. Bouleversements théoriques, pra-tiques, esthétiques, hybridations entre les arts, révolutions dans le rapport au public, mutations de notre rapport sensible à l’espace : tous ces chamboulements donnent son sens à cet ouvrage.
Il se pourrait bien que cette traversée ouvre des perspectives sur la situation du théâtre lui-même et, plus largement encore, sur la sphère spectaculaire dans son ensemble. De nombreuses illustrations enrichissent ce livre qui contient notamment un portfolio du grand photographe Nicolas Treatt.

 

Table des matières et résumés des articles


Variations sur l’espace et le temps

Ce que scénographier veut dire

-  Georges Banu : Vidée, la scène vide ?
Le recours à la scène vide, de Copeau à Vilar et Brook, a eu initialement une forte charge polémique car, ainsi, on s’affranchissait du poids de la matière “scénographique” pour se focaliser sur l’acteur, le texte et le jeu comme élément central. Cette pratique du “vide” a pris également un sens philosophique sous l’impact des pensées orientales très en vogue dans les années 6O. Progressivement, l’usage de la “scène vide” s’est généralisé et a perdu sa radicalité de même que ses ressources critiques. Puis, à force d’y faire recours un phénomène d’inflation s’est produit qui a fini par la galvauder. Elle apparaît désormais comme une pratique épigonique. Aujourd’hui la scène vide, très souvent, semble être “vidée” de ses énergies d’antan.

-  Luc Boucris : La réinvention permanente (du public)
On a souvent considéré comme une évidence la nécessité pour le théâtre de travailler à produire un spectateur actif en prenant pour un fait acquis que, spontanément, il occupe une place qui le conduit à la passivité. La remise à l’ordre du jour du mot scénographie s’est d’abord inscrite dans cette perspective. En fait rien n’autorise à considérer cette passivité comme consubstantielle à la fonction spectatorielle. Néanmoins derrière cette opposition activité/passivité, se dissimule une intuition utile : il est plus que jamais nécessaire de chercher à comprendre ce qui se joue aujourd’hui dans la relation ou plutôt dans les différentes formes de relations spectacle/public/spectateur. La scénographie joue un rôle décisif dans leur construction.

-  Guy Freixe : Création et projection de l’espace par l’acteur
Il y a évidemment mille manières de faire du théâtre, mille manières de répondre concrètement aux propositions dramaturgiques d’un auteur, mais pour qu’un espace reste dramatiquement vivant, il ne faut pas qu’il s’éloigne de l’humain, et du corps de l’acteur. Du corps poétique de l’acteur. Qui n’est jamais seulement ce qu’il est, mais qui ouvre des perspectives, qui creuse l’imaginaire, qui donne à rêver. C’est ce corps de l’acteur imaginatif que cette étude invite à penser, pour qu’il reste présent dans la réflexion scénographique d’aujourd’hui.

-  Marcel Freydefont : Est-ce bien son âge ?
1969 est une année plausible pour signer la naissance de la scénographie contemporaine (création de la Quadriennale de Prague en 1967, de l’Organisation internationale des scénographes et techniciens de théâtre en 1968, de l’Association Française des Scénographes et Techniciens de Théâtre en 1969). Trois horizons permettent d’éclairer notre réflexion : un rappel chronologique et terminologique, un inventaire des tendances artistiques et esthétiques, une esquisse théorique relative à la représentation théâtrale. En 2009, il est probable que nous assistions à nouveau à un déplacement sémantique et esthétique, tournant une page. De 1969 à 2009, l’on est passé d’une scénographie du signe à une scénographie de l’effet, d’une « sémiographie » de l’énonciation à une scénographie du silence. De même, l’importance accordée à la temporalité est devenue grandissante, faisant passer d’une scénographie de l’espace à une scénographie du temps. En se plaçant du point de vue de l’oscillation constante entre localité propre et localité métaphorique, il est possible de distinguer des figures-types (le plateau en planches brutes ; la chambre de l’imagination ; la page blanche ; la machine à jouer ; le paysage mental ; la forêt scénique ; la scène-miroir ; la scène-écran ; la boîte noire ; le trou noir) qui ont cristallisé la poétique scénique mise en œuvre depuis 1969.

-  Philippe Goudard : Le cirque intérieur
L’espace du cirque actuel, traditionnel ou contemporain et celui de ses sources antiques ou archaïques, est déterminé par les nécessités des performances et actions qui s’y tiennent. Quid alors du débat opposant au cirque circularité et frontalité ? Quelques repères scénographiques autour des notions de performance, de théâtralisation et de réception peuvent contribuer à l’alimenter.

-  Chantal Guinebault-Slamowicz : Cadre, cadrage, hors-cadre
La notion de représentation, telle qu’elle se définit à la Renaissance, sur le modèle pictural, préside à la définition d’une pratique scénique complexe. A ce tournant de son histoire, c’est la question de l’illusion qui modifie les enjeux de la scénographie. Etroitement liées aux limites de la représentation, à ce qu’elle montre et à ce qu’elle cache, à l’espace des dégagements et des coulisses, et donc au cadre qui se met alors en place, la découverte, élément technique autant qu’esthétique, joue un rôle décisif dans cette nouvelle conception de la scène. Dès lors, la scénographie s’impose comme l’articulation de 4 "disciplines" (le décor pictural, la machinerie, l’architecture et la dramaturgie), articulation qui va, progressivement, se poser (et s’imposer) pour chaque nouveau spectacle. En conséquence, on peut considérer la scénographie moderne comme un dispositif (elle ne se voit pas mais permet de voir), riche d’enjeux vis-à-vis de la réception et du rapport public-représentation. Les recherches exemplaires de Josef Svoboda explicitent ces enjeux au travers d’une expression motrice, "l’espace psycho-plastique".

Gestes artistiques

-  Joëlle Chambon : Guy Cassiers, la mise en scène ou l’espace trouvé de la relecture
Le Triptyque de Guy Cassiers est un spectacle d’une extrême modernité technologique, structuré par des fables traditionnelles (et une fable englobante). Un spectacle dans lequel l’environnement scénique (plutôt que la scénographie proprement dite) permet au théâtre de se doter de « compétences romanesques », qui à leur tour questionnent le rôle politique du théâtre.

-  Jean-François Dusigne : L’espace sous tension, la collaboration Richard Peduzzi / Patrice Chéreau
Depuis quarante ans, le tandem Chéreau-Peduzzi poursuit une trajectoire d’une étonnante longévité. Au fil de ce parcours artistique exemplaire, il est possible de repérer une récurrence de motifs ou de résolutions par-delà les quelques changements de cap qui ont modifié sensiblement leur approche esthétique commune. Entre machine spectaculaire et besoin d’épurement, la conception même de l’espace va contribuer à pousser les acteurs vers un engagement extrême du corps et de la voix, à la limite du déséquilibre. Mais Les grandes réussites de Richard Peduzzi ont résulté de la combinaison d’un espace matriciel qui par ses lignes de forces propulse une dynamique, et d’un espace métaphorique susceptible de traduire concrètement les plus grandes abstractions.

-  Romain Fohr : Yannis Kokkos, dialectiques intenses et singulières
Depuis 1965, Yannis Kokkos a collaboré à cent-quarante spectacles comme costumier, décorateur ou scénographe, avec quarante-huit metteurs en scène pour le théâtre, l’opéra et la danse. De Philippe Adrien à Jean-Pierre Vincent, la plupart de ces collaborations ont été uniques, ce qui n’a été le cas ni avec Jacques Lassalle (quinze collaborations entre 1978 et 1991) ni avec Antoine Vitez (trente-sept collaborations entre 1970 et 1990). Ces deux dialectiques intenses et singulières ont marqué l’esthétique scénique. Au terme de ces deux compagnonnages, Kokkos s’est définitivement tourné vers la mise en scène réalisant aussi les costumes et les scénographies (seize productions dans les plus grands opéras européens). Comme un prolongement à cette double collaboration, il poursuit sa recherche sur le rapport de l’interprète à l’espace.

-  Magali Lochon : Raymond Sarti, passeur de regard
Dans son article « le regard voyageur », Raymond Sarti conçoit le scénographe comme un passeur de regard vers le public. C’est au travers de ce prisme que nous avons ensemble, au cours d’un entretien, tenté de cerner son approche. Comment la posture qu’il adopte face à son travail et réajuste au cours du processus de création peut-elle permettre au spectateur de continuer, de prolonger un certain regard au delà de la forme constatée, d’y trouver un chemin où construire son propre point de vue, sa vision ? Comment transmettre, au delà du calculable, des suspensions déposées comme autant de territoires d’accueil ? Guider, permettre, se laisser traverser par les choses, laisser l’autre traverser..., franchir ces seuils où éthique et poétique avancent conjointement, c’est aussi passer insensiblement à chaque instant du regard au toucher, toujours animé de l’espoir d’une rencontre.

-  David Marron : Heiner Goebbels, une pratique du théâtre musical
Couvrant une période allant du milieu des années 80 jusqu’au début des années 2000, cette réflexion explore les relations qui se jouent entre texte, musique et espace dans les créations scéniques du compositeur et metteur en scène allemand Heiner Goebbels, pensées comme des laboratoires d’expériences intellectuelles et sensitives, questionnant toujours la place du spectateur vis-à-vis de l’œuvre et sa capacité à faire travailler ce qui lui est donné à voir et à entendre.

-  Véronique Perruchon : André-Enge-Nicky Rieti, une collaboration dans la démesure
Depuis Baal dans les Haras de Strasbourg en 1976, Nicky Rieti, scénographe et André Engel, metteur en scène élaborent ensemble des dispositifs théâtraux hors du commun. Véritables chantiers, leur travail dans des lieux insolites hors les murs opèrent la transformation complète d’un terrain, d’un hangar ou d’une salle de spectacle en un lieu où fiction et réalité se superposent. Avec eux, les repères connus en matière de scénographie explosent : une démesure parfaitement maîtrisée est seule capable de créer l’atmosphère poétique qui leur est propre.

-  Grégoire Quenault : Josef Svoboda et l’art de la projection des images
Josef Svoboda est bien connu des amateurs de théâtre pour son activité de scénographe. Le présent propos tente de replacer son travail dans une histoire de la projection, en valorisant son travail d’expérimentation incessant des images et des écrans. Deux moments clés balisent son parcours : 1958 et l’Expositon Universelle de Bruxelles où il présente sa fameuse Laterna Magika et son Polyécran ; 1965 et la présentation d’Intollerenza à Boston où le mode de diffusion des images repose désormais sur un réseau de télévision en circuit fermé.

-  Andrew Todd : La résonance de Peter Brook, vers un espace théâtral économe, durable et flexible
Le metteur en scène Anglais Peter Brook quitte le théâtre conventionnel à la fin des années 60 afin de mener des expérimentations au moyen de formes élémentaires d’espace scénique. Il part en Iran et en Afrique dans des contextes vidés de tout cadre de référence théâtrale occidentale. Revenu en France en 1974, il s’établit au théâtre des Bouffes du Nord et commence un voyage à travers le monde et l’espace théâtral, improvisant un langage scénographique totalement original autour de chacun de ses spectacles. Il influence ainsi une génération de créateurs théâtraux qui se libèrent eux aussi des contraintes conventionnelles de l’architecture, et il influence également des architectes (dont l’auteur de ce chapitre) qui essaient de fabriquer l’espace en adéquation avec l’art du théâtre.

- Entretiens avec :
+ Guy-Claude François
Guy-Claude François est surtout connu comme le scénographe d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil. Mais c’est dans une démarche bien plus large que s’inscrivent ses interventions au théâtre, au cinéma, au musée, au concert et jusqu’à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Albertville. Un ouvrage récent, Scénographie, Guy-Claude François à l’œuvre (2009) lui est directement consacré dans cette même collection. L’entretien qui suit se présente surtout comme un hommage à une autre figure majeure de la scénographie contemporaine, Yannis Kokkos.
+ Roberto Plate
Roberto Plate a collaboré comme scénographe, avec de nombreux metteurs en scène, tout particulièrement Alfredo Arias et Claude Régy. Dans cet entretien, il évoque son itinéraire et propose des va-et-vient entre son travail de peintre et ses créations pour la scène.
+ Anatoli Vassiliev
Anatoli Alexandrovitch Vassiliev est un metteur en scène russe né en 1942. Héritier de Stanislavski, il met l’art dramatique au sommet des arts pour en faire un art de vivre. Il travaille dans toute l’Europe et reçoit de nombreux prix pour ses travaux. En 2004, il est invité par l’ENSATT à Lyon au titre de directeur pour la création du département de recherche et de formation à la mise en scène. Dans cet entretien réalisé à l’ARTA en 2009, il s’explique sur son passage de la boîte noire à l’espace blanc qui caractérise ses mises en scène et sur les principes des scénographies qu’il conçoit et réalise avec Igor Popov.

Carte blanche à Nicolas Treatt

Shakespeare toujours recommencé

-  Luc Boucris : Shakespeare sur un plateau
Clore ce volume sur « 40 ans de création » en scénographie par une réflexion sur Shakespeare répond à une nécessité paradoxale. Cet auteur est, qu’on le veuille ou non, un des piliers de la scène moderne et contemporaine. Ainsi il nous contraint à relancer une des questions récurrentes de la scène artistique au XXe siècle, celle qui concerne la notion d’œuvre ; il nous conduit à montrer comment le plateau conduit à la déplacer ; il nous amène à prendre conscience qu’elle est loin de se réduire à la sphère esthétique stricto sensu.

-  Daniel Lançon : Les traductions d’Yves Bonnefoy et leur espace
Déconceptualiser le mot sur scène, défaire les stéréotypes d’une langue, tel est le souci d’Yves Bonnefoy traducteur de Shakespeare, afin d’entraîner le spectateur dans le drame de la tension entre propositions conscientes et inconscientes de l’auteur, et lui permettre de « s’ouvrir à la perception de ce qui dans une vie est sa relation au naître et au mourir, au désir et à l’angoisse, aux tréfonds de la douleur ou de la joie, à la finitude. » Comment ce souci passe-t-il la rampe ? Metteurs en scène et scénographes parviennent-ils à s’en emparer pour « remuer le spectateur au plus intérieur de lui-même » ?

-  Le Conte d’hiver : deux espaces pour un seul conte
Le Conte d’hiver est un texte tellement dense, il y a tellement de « tiroirs » qu’il fallait le faire entendre par la nudité du plateau. Il ne fallait surtout pas parasiter ces lectures possibles. Mais scénographiquement parlant, quelle forme donner à ce vide ? Alors est venue l’idée de ces livres pour enfants dont l’image se déplie, les pop-up. Ce sont des images qui s’ouvrent et se referment pour laisser place à d’autres. Au début il se passe finalement assez peu de choses. Nous sommes dans un univers blanc, très lumineux, vierge et puis ça bascule.

-  Marie Potonet et Lionel Acat : Conversation entre une dramaturge et un scénographe

-  Dominique Serron : Le perçu comme seule réalité

Un théâtre qui renonce à l’illusion, à la fixité de la représentation pour plutôt déployer les purs artifices de sa poésie à travers les conditions d’un jeu qui s’affirme avec plus de force que la réalité sociale, voilà ce Shakespeare nous apprend. Ce n’est plus alors à l’acteur à nous « vendre » le vrai mais bien à nous d’être capables de puiser notre force de vérité à l’intérieur du chaos proposé par la scène. Le jeu débride et structure à la fois. La scénographie ? Un plancher courbe qui insuffle au jeu une dynamique peu commune.

  • 1. Titre : Scénographie, 40 ans de création
  • 3. Auteur(s) : Collectif dirigé par Luc Boucris, Jean-François Dusigne et Romain Fohr
  • 4. Domaine(s) : Arts et spectacles, scénographie
  • 5. Genre : Actes de colloque
  • 6. Format : 22 x 24 cm
  • 6. Nbr de page : 208 pages
  • 7. Date de Parution : Octobre 2010
  • 8. ISBN : 978-2-35539-118-7

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