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Carnets de rue

consacrée aux arts de la rue
présentée par sa directrice Claudine Dussollier

Savants ou autodidactes, saltimbanques décalés de pères circassiens et de mères guignolesques, poètes trempés au jus des situationnistes, héritiers du mouvement Dada, les artistes de rue sont trop souvent jugés ringards par les autres arts, alors qu’ils utilisent les mêmes langages qu’ils redéploient dans l’espace public. Ceci explique peut-être cela.

Méconnus, inclassables donc mal classés dans la culture et les médias, dotés de moyens limités pour créer, en dépit d’un réseau de lieux très dynamiques, peu encouragés pour poser sur le papier ces textes improbables, les arts de la rue payent assez cher cette résistance à tout enfermement dans un jugement bien établi.

Si le mouvement des arts de la rue a été réticent à affronter l’écriture, ses œuvres éphémères ont dans le même temps composé de belles partitions urbaines. Depuis trois décennies, il a inventé des spectacles où la danse, le théâtre, le multimédia, la poésie, la prouesse, les inventions sonores et plastiques ont enrichi et questionné les codes habituels de représentation. De fait, les artistes de rue offrent au public des histoires en partage dans cet espace qui nous relie encore les uns aux autres, gratuitement. Pourquoi ? Pour la beauté du geste ? Pour le fun, pour dire qu’on a encore envie d’aller au-devant des autres…

L’ambition de la collection « Carnets de rue » est de contribuer à faire prendre conscience des savoir-faire et des écritures singulières de ces maîtres de l’art des artifices ou du boniment, des inventions techniques et des images sonores, de ces metteurs en scène du tempo des villes.

Ainsi, l’Entretemps, en partenariat avec Lieux publics et HorsLesMurs, étend son projet éditorial sur les arts du spectacle en y incluant une part extrêmement vivante de leur réalité contemporaine.

La collection a pris son envol aux éditions l’Entretemps grâce aux idées et au soutien de Lieux Publics (Centre National de Création des Arts de la Rue, à Marseille), Pronomade(s) en Haute-Garonne (Centre national des arts de la rue), HorsLesMurs (Centre national de ressources pour les arts de la rue et les arts du cirque, à Paris), et le Cnes (Centre national des écritures du spectacle, à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon). Le comité éditorial est composé de Pierre Sauvageot, Philippe Saunier-Borell, Stéphane Simonin, François de Banes Gardonne, Christophe Bara et Claudine Dussollier. La collection bénéficie pour son développement d’un financement du ministère de la Culture et de la communication dans le cadre du Temps des arts de la rue et a reçu en 2006 une subvention de la SACD.


Intellectual or self-taught, quirky entertainers with circus performer as fathers and puppeteers as mothers, poets steeped in situationist art, heirs to the Dadaist movement, street artists are too often looked down upon as second-rate by mainstream arts forms, yet they use the same languages which they adapt to the public space. Perhaps one thing explains the other.

Unknown, indefinable and therefore poorly categorised in the cultural sector and the media, with little support for creation despite a network of dynamic structures, receiving little encouragement to write down on paper their improbable texts, outdoor arts have paid the price of their resistance to confinement within a well-established statement enough.

If the outdoor arts movement has been reluctant to confront the written word, its ephemeral works have meanwhile produced beautiful urban compositions. For three decades, it has created shows where dance, theatre, multimedia, poetry, circus arts, audio and visual arts inventions have strengthened and questioned the usual codes of performance. Street artists offer the audience stories to share within this space which still connects us to one another, for free. Why ? For the sake of it ? For fun, to say that we still want to meet others...

The ambition of the Carnets de rue collection is to contribute to raise awareness about the experience and singular writing of these masters of the art of fireworks and storytelling, of technical inventions and audio images, these directors of the urban tempo.

So, l’Entretemps, in partnership with Lieux publics and HorsLesMurs, extends its editorial project to the performing arts, including an extremely lively part of their contemporary reality.
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